Essaouira, la perle atlantique du Maroc, vit depuis ce mercredi 25 juin au rythme de l’une des plus grandes célébrations musicales du continent africain. Le Festival Gnaoua et Musiques du Monde tient sa 27e édition du 25 au 27 juin 2026, réunissant 460 artistes venus du Maroc et des quatre coins du globe. Trois jours. Quatre scènes. Un seul mot d’ordre : la rencontre. YouTube
Ce festival n’est pas né par hasard à Essaouira. La musique Gnaoua porte dans ses cordes et ses crotales l’héritage des ancêtres africains subsahariens déportés au Maghreb. C’est une musique de transe, de guérison, de résistance — née en Afrique de l’Ouest, enracinée au Maroc, reconnue par l’UNESCO comme patrimoine immatériel de l’humanité. Quand Dakar, Abidjan, Kinshasa ou Douala écoutent le Gnaoua, c’est leur propre histoire qui résonne.
Cette 27e édition est placée sous le thème des villes portuaires, symboles d’échanges, de métissages et d’ouverture — et Essaouira, port ouvert sur le monde depuis le XVIIIe siècle, en est l’écrin naturel. YouTube
Richard Bona et Carlinhos Brown en têtes d’affiche
Parmi les grands moments de cette édition, le bassiste et compositeur camerounais Richard Bona partage la scène avec la diva marocaine Asmaa Lmnawar pour une fusion à la croisée du jazz africain et de la chanson arabe contemporaine. Deux univers que tout semble opposer — et que la scène d’Essaouira rapproche naturellement. YouTube
Carlinhos Brown, le percussionniste brésilien héritier des traditions afro-brésiliennes de Bahia, retrouve quant à lui Maâlem Hamid El Kasri pour un dialogue intense entre rythmes gnaoua et sonorités afro-brésiliennes. Un face-à-face entre deux traditions qui partagent les mêmes racines africaines — séparées par l’Atlantique, réunies à Essaouira. PepseeActus
La programmation internationale met aussi à l’honneur le groupe palestinien d’électro-dabké 47Soul, la chanteuse libanaise Yasmine Hamdan, et Ganavya, artiste née à New York et élevée en Inde, dont la musique fait dialoguer traditions dévotionnelles sud-asiatiques et jazz spirituel. Wikipedia
Cette édition rend également hommage à feu Maâlem Mustapha Baqbou, figure emblématique de la culture gnaoua disparue en 2025, à travers une performance collective réunissant Maâlem Abdeslam Alikkane, Hamza Baqbou, Maâlem Abdelkebir Merchane et Maâlem Mohamed Kouyou. Critikmag
Pour les amoureux de musique africaine de Dakar à Kinshasa, ce festival est un rappel puissant : les racines de l’Afrique subsaharienne irriguent la culture du monde entier. Le Gnaoua en est la preuve vivante.