Il devait être une soirée de fête. Elle est devenue l’une des scènes les plus commentées du showbizz congolais depuis des années. Ce soir-là, en plein anniversaire du chef de l’État, Koffi Olomidé a posé un acte que beaucoup n’ont pas oublié — et que les autorités n’ont pas apprecié.
Tout commence simplement. Le Président danse avec son épouse pendant que le Quadra est sur scène. L’ambiance est festive. Le chef de l’État, visiblement ému, envoie ses collaborateurs demander à Koffi d’interpréter « Eputsha », ce titre mythique qu’il a chanté avec Fally Ipupa. Koffi s’exécute. La salle retient son souffle.
Mais arrivé au passage où Fally devait intervenir, Koffi saute la partie. Délibérément. Le message est clair pour qui connaît leur histoire.
Le Président remarque. Il renvoie ses hommes demander à Koffi de reprendre ce passage — cette fois avec Fally. Un geste de réconciliation voulu par le premier citoyen du pays. Fally, par respect pour la fonction présidentielle, accepte. Il se lève. Il monte vers le podium.
C’est là que tout bascule.
En voyant Fally s’approcher, Koffi se retourne vers ses musiciens et leur demande d’entamer « Joyeux Anniversaire ». Fally se retrouve debout, devant tout le monde, à attendre. La chanson de réconciliation ne viendra jamais. Koffi termine, salue, descend du podium avec toute sa troupe. Rideau.
Le Président a vu. La salle a vu. Tout Kinshasa a su dans les heures qui ont suivi.
La nuit n’est pas terminée que les services de renseignement convoquent déjà Koffi pour lui signifier leur désapprobation. Le lendemain, dimanche, entre 4h et 14h du matin, le Quadra est placé en garde à vue. Dix heures de rétention pour un acte qui, dans un autre contexte, aurait peut-être été oublié. Mais humilier un président chez lui, devant sa famille et ses invités, en refusant d’obéir à une demande faite deux fois — c’est une autre histoire.
La guerre froide entre Koffi Olomidé et Fally Ipupa vient de franchir un nouveau palier. Cette fois, elle a des conséquences.